Sécurité et anonymat en ligne : bonnes pratiques et tendances en matière de cybersécurité

La question de la sécurité en ligne est désormais incontournable à chaque étape de nos activités sur la toile. En 2020, ce sont 71 % des Français qui achètent en ligne, même si la marque possède un magasin. La crise sanitaire ayant aidé à ce changement de comportement, et à la transformation digitale des commerces, les transactions en ligne sont en augmentation, et les cyberattaques le sont également. 

Quelles sont les bonnes pratiques à suivre lors d’un achat en ligne ? De manière générale, alors que la surveillance en ligne s’accélère, comment sécuriser nos données personnelles ? L’anonymat en ligne, est-il la clé pour une navigation sécurisée ?

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Les bonnes pratiques pour sécuriser ses achats en ligne

Une offre abondante de produits, des prix incroyablement bas et une simplicité d’utilisation des sites d’achat nous rendent sans aucun doute le clic facile. Cependant, parmi ces différents sites d’achat en ligne, se cachent parfois des vendeurs malveillants qui peuvent vous coûter cher s’ils ne sont pas découverts à temps. Voici quelques conseils pour acheter en ligne en toute sécurité.

Vérifier l’autorité et la réputation du site de e-commerce

Lorsque vous arrivez sur le site d’une marque que vous venez de découvrir, avant tout achat, il est recommandé de faire quelques recherches et observations à propos de la marque en question. Afin de vérifier l’autorité du site, n’hésitez pas à prendre quelques minutes et rechercher des avis clients en tapant directement sur votre moteur de recherche le nom de la marque suivi de “avis”. Cela vous permettra de voir si les pratiques de la marque sont honnêtes.

Ensuite, il est également recommandé de consulter les pages Conditions Générales de Vente (CGV) et Mentions légales du site marchand. Sachez que ces pages sont légalement obligatoires lorsqu’il s’agit d’un service ou d’un produit adressés à des consommateurs. Un site qui ne les possède pas doit alors vous mettre la puce à l’oreille.

La page CGV doit clairement indiquer les prix de vente, les conditions de paiement, le droit de rétractation, etc. La page mentions légales doit faire apparaître une adresse postale, un numéro de téléphone, un nom et le statut de la société. 


De manière générale, nous recommandons de privilégier les achats en ligne sur des sites de e-commerce basés en France ou en Europe, pour la bonne et simple raison qu’il existe une réglementation s’appliquant à ces sites en cas de litige, et qui protège le consommateur.

Contrôler la sécurité de base du site

Pour un site de e-commerce, il est impératif que l’adresse URL possède le “https”. Le “S” est un symbole de sécurité : il s’agit du protocole qui garantit le chiffrement de vos données bancaires. Si le pictogramme en forme de cadenas s’affiche sur la barre d’adresse URL, il s’agit également d’un signe de sécurité de paiement en ligne.

Éviter d’enregistrer vos informations de paiements sur un site marchand

De manière générale, il est peu recommandé de laisser les informations de votre carte bancaire sur un site de e-commerce. Cette option, proposée régulièrement à la suite d’un achat, peut s’avérer intéressante si vous prévoyez des achats réguliers sur ce même site. Cependant, il est plus prudent de répéter l’opération et d’éviter de laisser ces informations précieuses, et ce, même sur un site de haute autorité. Sachez que même Amazon a subi des cyberattaques en 2020

Sécuriser vos données personnelles

Enfin, la dernière étape est celle de la protection de vos données personnelles.

Naviguer anonymement sur Internet, c’est possible, et c’est surtout conseillé. Il existe des VPN français, outils maintenant incontournables, qui permettent de vous assurer une navigation privée et sécurisée ; votre adresse IP est masquée et vos données sont chiffrées.

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L’anonymat pour garantir notre sécurité en ligne ?

Lorsque l’on parle de sécurité en ligne, la notion de l’anonymat revient souvent pour la simple et bonne raison qu’il semble évident que moins on communique d’informations personnelles, moins nous sommes sujets à des cyberattaques, des vols de données ou encore une usurpation d’identité.

Cependant, être totalement anonyme en ligne n’est pas une mince affaire. S’il est possible de renforcer notre anonymat grâce à des outils techniques ou l’utilisation de pseudonymes, les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle sont maintenant capables de créer des profils d’utilisateurs à partir d’un comportement en ligne.

Alors que le cyberespace tend à la surveillance de masse et l’exploitation des données utilisateurs, la sécurité en ligne, au-delà d’une sécurité technique, enveloppe désormais une notion de vie privée intimement liée au concept de l’anonymat en ligne.

Le concept de l’anonymat sur Internet 

Le sociologue Dominique Cardon écrivait dans son livre La Démocratie Internet : “Rarement la conception d’une technologie aura engagé autant de politique qu’Internet”. En effet, le débat sur l’anonymat en ligne relancé fin 2020 et le souhait d’Emmanuel Macron de lever l’anonymat en ligne souligne le fait que l’émergence des modèles économiques fondés sur l’exploitation des données personnelles a changé le regard des utilisateurs sur leur identité en ligne.
Internet, auparavant symbole d’un rêve de liberté pour l’utilisateur, est naturellement devenu le lieu d’observation des utilisateurs en action. 

Dans le débat de l’anonymat en ligne, certains affirment qu’il est impossible de l’être réellement, mais qu’il est seulement envisageable de brouiller les pistes. En effet, l’anonymat total en ligne reviendrait à dire que l’utilisateur ne laisserait aucune trace de son activité sur le web.

Une sorte d’anonymat technique semble être accessible aux utilisateurs aguerris. Celui-ci consiste à masquer ses données techniques de connexion, ce qui est un bon début pour protéger et sécuriser ses données utilisateurs.

L’utilisation d’un VPN permet de changer les adresses IP originales et de chiffrer toutes les données en transfert d’un ordinateur vers un site internet. De cette manière, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), qui eux ont l’obligation légale de conserver les données utilisateurs, ne sont pas en mesure de lire les informations de navigation personnelles.

Il est également possible d’utiliser des moteurs de recherche s’engageant à garantir l’anonymat de l’utilisateur, tel que Tor, le seul réseau constitué par les utilisateurs du monde entier qui permet une navigation anonyme à l’heure actuelle.

Si l’anonymat technique n’est pas accessible à tous les utilisateurs, d’autres préfèrent la création d’avatars pour fortifier leur anonymat. Néanmoins, les nouvelles technologies et en particulier l’intelligence artificielle, développée dans le but d’aider à l’analyse des données utilisateurs, permettent désormais de profiler un individu grâce à son comportement en ligne, que son véritable nom soit utilisé ou non.

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L’engagement et le comportement de l’utilisateur trahissent son anonymat 

En théorie, l’anonymat s’avère possible lorsqu’il n’y a pas d’actions, mais seulement de l’observation. Or, l’anonymat se situe à la frontière entre l’absence d’engagement et le choix de s’engager. Dans les années 90, le philosophe français Gilles Deleuze mentionnait très justement : “En ligne, le moindre signe de différence participe de la distinction”.

Le pseudonyme, souvent considéré comme forme d’anonymat, est pourtant toujours porteur d’un message et d’une information sur l’utilisateur : identité, souhait de paraître, film préféré. L’image choisie pour se représenter, la typographie, l’orthographe, le vocabulaire, l’articulation des phrases, le rythme et la fréquence de discussion, constituent la « façade personnelle » en ligne. Ces éléments participent à la distinction de l’utilisateur, et son anonymat se lève au fur et à mesure de son implication et de ses interactions sur la toile. En résumé, le système produit une représentation distinctive de l’utilisateur et celui-ci sera identifié, même s’il ne livre pas de données, par le traçage de ses activités. 

L’identité humaine, de plus en plus dominée et influencée par l’emprise grandissante des systèmes de communication informatisée, laisse présager l’impossibilité d’un anonymat total sur Internet. La surveillance, désormais axée sur le comportement de l’utilisateur, est difficile à éviter pour l’utilisateur lambda dont l’anonymat sur Internet semble être compromis. Les activistes, tels que ceux à l’origine du réseau Tor, militant pour l’idée que l’anonymat sur Internet doit rester possible, sont aujourd’hui censurés par certains gouvernements et fournisseurs d’accès.

Internet qui à une époque nous ouvrait le monde, nous laisse aujourd’hui y évoluer dans un monde de plus en plus étroit. De même, l’idée que le web apporte une forme de liberté d’expression et de débat démocratique a définitivement de moins en moins de poids.

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